Quel salaire minimum pour l’embauche d’un salarié étranger
L’embauche d’un salarié étranger en France est soumise aux mêmes règles de droit du travail que pour un salarié français, avec toutefois des spécificités liées au statut d’immigration.
La question du salaire minimum est centrale, car elle conditionne à la fois la légalité en termes du droit de travail et du séjour, d’un point de vue de l’immigration.
Quel est le salaire minimum pour un salarié étranger en France ?
Tout d’abord, le salarié étranger embauché en France dans le cadre d’un contrat de travail français doit percevoir une rémunération au minimum égale à :
- soit le SMIC en vigueur,
- soit le salaire minimum prévu par la convention collective applicable, si celui-ci est plus élevé.
La nationalité du salarié n’a aucune incidence sur le niveau de rémunération minimale. Le droit français impose une égalité de traitement entre salariés français et étrangers.
Statuts d’immigration et salaire minimum : attention aux seuils spécifiques
Pour les ressortissants non européens, le salaire proposé joue un rôle déterminant dans la procédure d’immigration. C’est donc un des critères principaux dans la décision du statut.
1. Les statuts de salariés de droit commun (salarié classique) :
Le salaire doit être au moins égal au SMIC et cohérent avec l’emploi proposé, l’expérience et la qualification du salarié. Un salaire insuffisant peut entraîner un refus d’autorisation de travail.
2. Les étudiants concernés par des changements de statuts :
Changement de statut d’étudiant vers salarié sans APS/CRECE : SMIC
Changement de statut d’étudiant vers salarié avec APS/CRECE : 1.5 X SMIC
3. Les Talents
Un décret d’application publié le 21 août 2025 fixe les nouveaux seuils de rémunération requis pour les statuts « Talent », conditionné par le salaire brut moyen de référence :
- TSQ (salarié qualifié / jeune entreprise innovante / salarié en mission): le seuil est établi à 39 582 € brut annuel, soit le salaire brut moyen de référence.
- Talent – Carte Bleue Européenne : 59 373 € brut annuel, soit 1,5 x le salaire brut moyen de référence.
Ces nouveaux montants rendent certaines demandes plus accessibles, notamment pour les talents salariés qualifiés, tout en creusant l’écart entre les différentes catégories de titres « Talent ».
Ils peuvent également fragiliser certains profils, en particulier les talents ne disposant pas d’un diplôme obtenu en France lors des premières demandes ou des renouvellements.
Pour les employeurs, ces évolutions peuvent toutefois se traduire par un élargissement du nombre de candidatures éligibles au statut « Talent », à condition d’anticiper correctement la stratégie de titre et de rémunération.
Ces exigences visent à garantir le niveau de qualification et d’attractivité économique du poste.
Quelles sont les autres obligations de l’employeur en cas d’embauche d’un salarié étranger ?
Avant toute embauche d’un salarié étranger, l’employeur doit :
- vérifier la validité du titre de séjour et du droit au travail,
- respecter le salaire minimum légal ou conventionnel,
- établir un contrat de travail conforme au droit français,
- effectuer les déclarations sociales obligatoires.
Le non-respect de ces obligations expose l’entreprise à des sanctions administratives, sociales et pénales.
N’hésitez pas à nous contacter pour toutes questions !
Article rédigé par Léa Curiel, Responsable Immigration France chez France Immigration
Dernière mise à jour: 10 février 2026