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Embauche d’un ressortissant algérien en France : de l’étudiant au jeune diplômé

Recruter un ressortissant algérien en France, qu’il soit encore étudiant ou fraîchement diplômé, obéit à des règles qui ne ressemblent à aucune autre. L’accord franco-algérien du 27 décembre 1968 crée un régime autonome, distinct du droit commun de l’immigration. Les simplifications récentes qui ont allégé les démarches pour d’autres nationalités, ne s’appliquent pas aux ressortissants algériens.

Résultat pratique pour les équipes RH : les automatismes ne fonctionnent pas. Le titre de séjour ne vaut pas autorisation de travail. Les délais sont plus longs. Et les risques en cas d’erreur sont significatifs : pouvant aller jusqu’à 15 000 euros d’amende par salarié concerné.

Cet article couvre les deux moments clés : l’embauche pendant les études (stage, alternance, job étudiant) et le recrutement d’un jeune diplômé algérien en CDD ou CDI.

Points clés à retenir
  • Les ressortissants algériens relèvent de l’accord franco-algérien de 1968, pas du droit commun : les règles diffèrent des autres nationalités, y compris depuis la réforme de 2023.

  • Pendant les études, une autorisation provisoire de travail (APT) est obligatoire dans la majorité des cas, à la charge de l’employeur, y compris pour une alternance.

  • L’activité salariée est limitée à 850 heures par an (50 % du temps légal).

  • Après le diplôme, aucune autorisation provisoire de séjour automatique n’existe pour la recherche d’emploi : l’embauche doit être anticipée plusieurs mois à l’avance.

  • Un Master ou une Licence Professionnelle exonère de l’opposabilité du marché de l’emploi : avantage décisif pour les dossiers post-diplôme.

  • L’employeur doit vérifier le titre au plus tard 2 jours ouvrables avant la prise de poste et peut faire une demande sur le site du Ministère de l’Intérieur.

  • Sanctions en cas de non-conformité : amende jusqu’à 15 000 € par salarié + risque de fermeture administrative.

Tableau récapitulatif : situations et démarches

SituationTitre de séjourAutorisation de travailLimite horaireOpposabilité du marché
Étudiant : job / stage / alternanceCRA mention « étudiant »APT obligatoire (par l’employeur)850h/anNon
Jeune diplômé ou jeune chercheur ayant fin son cursusCRA « salarié » à obtenirOui, via la plateforme interrégionaleAucuneoui
Salarié CDDCRA « travailleur temporaire » à obtenirOui, via la plateforme interrégionaleAucuneoui
Salarié CDICRA mention « salarié » à obtenirOui, via la plateforme interrégionaleAucuneoui

Pourquoi l’accord franco-algérien de 1968 change tout

Les ressortissants algériens constituent un cas unique en droit français. Depuis 1968, un accord bilatéral définit leurs conditions de séjour et d’emploi de façon autonome, en dehors du Code de l’entrée et du séjour des étrangers (CESEDA). Leur titre de séjour prend la forme d’un certificat de résidence algérien (CRA) et ne peuvent bénéficier de titre de séjour pluriannuel, ni de visa long séjour valant titre de séjour.
Ils ne peuvent pas bénéficier des cas d’exemption de l’opposabilité de la situation de l’emploi, du dispositif de “famille accompagnante” pour les ressortissants mariés.
De même, ils peuvent bénéficier du dispositif facilitant l’intégration au marché de l’emploi (APS/CRECE), ni de la catégorie des “Talents” et “Détachés ICT”.


En revanche, une demande de certificat de résidence d’une durée de validité de 10 ans est possible dès 3 ans de résidence en France, sous couvert d’un CRA portant une mention éligible.

Bon à savoir

Depuis 2023, la plupart des étudiants étrangers peuvent travailler sans autorisation préalable pendant leurs études. Cette simplification ne concerne pas les étudiants algériens, qui restent soumis à l’autorisation provisoire de travail. Un CRA mention « étudiant » valide ne suffit pas : sans APT déposée par l’employeur, l’embauche est irrégulière.

Pendant les études : stage, job étudiant, alternance

L’activité salariée d’un étudiant algérien en France est autorisée dans la limite de 850 heures par an, soit 50 % du temps légal de travail annuel. C’est l’employeur qui dépose la demande d’APT auprès de la plateforme interrégionale, avant la prise de poste.

Le contrat d’alternance suit les mêmes règles. Beaucoup d’entreprises supposent que l’alternance ouvre un droit de travail simplifié pour l’étudiant algérien. Ce n’est pas le cas : l’APT est obligatoire, comme pour n’importe quel contrat.

Une fois la demande déposée, l’administration dispose de 2 mois pour répondre.

⚠️Durant la période de juin à octobre, les délais de traitement peuvent être fortement allongés. Il conviendra d’attendre une décision.
L’employeur doit donc être alerte et anticiper les démarches à effectuer.

Les cas d’exemption de l’autorisation (provisoire) de travail : le stage, le travail effectif qui s’inscrit dans le droit au travail à titre accessoire autorisé (850h/an), comprenant les activités spécifiques (événements sportifs ou culturels, spectacles, colloques, missions d’enseignement temporaire, certaines activités artistiques).

Le cas du stage

Un stage conventionné dont la gratification reste dans les limites légales n’est généralement pas soumis à l’APT. En revanche, dès qu’un contrat de travail est conclu, même court, l’autorisation provisoire de travail est requise pour un étudiant algérien. En cas de doute, la vérification auprès de la DREETS compétente est fortement recommandée avant signature.

Après le diplôme : recruter un jeune Algérien en CDI ou CDD

C’est souvent à ce stade que les entreprises se font surprendre. Pour les diplômés d’autres nationalités, des dispositifs sont mis en place (APS/CRECE) permettant de rester plusieurs mois en France pour chercher un emploi ou finaliser un recrutement.
Pour les ressortissants algériens, ce mécanisme n’existe pas. L’embauche doit être anticipée et le changement de statut étudiant à salarié engagé parfois avant la fin des études.

La démarche post-diplôme implique une demande de CRA mention « salarié » (pour un CDI) ou « travailleur temporaire » (pour un CDD). L’employeur doit être en mesure de proposer un contrat en adéquation avec le diplôme obtenu et initier la procédure auprès de la plateforme interrégionale via la plateforme ANEF.

Recrutement d'un ressortissant algérien jeune diplômé.

L’opposabilité du marché de l’emploi est systématique. Elle oblige l’administration à vérifier qu’aucun candidat déjà présent sur le marché du travail (français ou européen) ne pourrait occuper le poste.
Ceci implique de devoir justifier des recherches effectuées sur le marché de l’emploi français pour pourvoir le poste. Cela nécessite donc le dépôt d’une offre d’emploi auprès de France Travail ou de l’APEC (cadre) et une publication durant minimum 3 semaines et 1 jour.
A l’issue de cette période, chaque candidature reçue devra être étudiée en vue de justifier qu’aucune candidature n’avait le profil adéquat au poste proposé.

⚠️ Cette procédure s’applique également pour les étudiants algériens déjà en poste en alternance, que l’employeur souhaite recruter de façon pérenne (CCD ou CDI), ainsi que pour les étudiants algériens ayant effectué leur étude supérieur en France.

Il conviendra donc d’anticiper la procédure d’opposabilité de la situation de l’emploi en publiant l’annonce dès que le projet de recrutement se concrètise afin que ces délais incompressibles soient optimisés. Evitant par la même occasion, une possible rupture administrative et par extension, une suspension temporaire des activités pouvant impacter aussi bien l’employeur, que l’intéréssé.e.

L’avantage à connaître : un ressortissant algérien régulièrement présent en France peut effectuer l’intégralité du changement de statut depuis la France. Quand le dossier est bien préparé, c’est un vrai gain de temps.

Ce qu’on observe systématiquement, c’est que les entreprises attendent l’obtention du diplôme pour se poser la question. À ce stade, il est souvent trop tard pour éviter une rupture administrative. Les dossiers qui se passent bien sont ceux où l’employeur a anticipé six mois avant la fin des études.

⚠️ Le certificat de résidence algérien mention “salarié” sera d’une durée de validité d’un an, peu importe la durée du contrat. Il conviendra donc de veiller et d’anticiper la procédure de renouvellement.

Les sanctions en cas de non-conformité

Employer un ressortissant algérien sans autorisation de travail valide expose l’entreprise à des conséquences concrètes et immédiates. L’authentification du titre de séjour est une obligation légale indépendante de la bonne foi de l’employeur.

RisqueSanction
Infraction pénaleJusqu’à 5 ans de prison
Amende par salariéJusqu’à 15 000 €
Aides publiques perçuesRemboursement obligatoire
Activité de l’établissementRisque de fermeture administrative

Au-delà des sanctions financières, une infraction en matière de travail irrégulier peut entraîner une interdiction temporaire ou définitive d’embaucher des travailleurs étrangers et fragiliser l’ensemble des dossiers d’immigration de l’entreprise.

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Avec plus de 400 dossiers étudiants étrangers traités sur les 12 derniers mois, nos experts prennent en charge l’intégralité des démarches, de l’étudiant en alternance au jeune diplômé en CDI.

Comment France Immigration accompagne vos recrutements

Nos experts interviennent à chaque étape : qualification du dossier dès la phase de sélection du candidat, constitution de la demande d’Autorisation (provisoire) de travail, de la demande de CRA mention « salarié », suivis auprès des administrations territorialement compétentes (plateforme interregional et préfecture). L’objectif est simple : que l’entreprise recrute son talent sans surprise administrative et que le collaborateur prenne son poste dans les délais prévus.

Avant d’embaucher un ressortissant algérien
  • Vérifier que le candidat est titulaire d’un CRA (certificat de résidence algérien) en cours de validité

  • Authentifier le titre auprès de la préfecture compétente (au plus tard 2 jours ouvrables avant la prise de poste)

  • Déposer la demande d’APT ou de CRA « salarié » auprès de la DREETS avant toute embauche

  • Contrôler le nombre d’heures déjà travaillées dans l’année (limite : 850h/an pendant les études)

  • Pour un recrutement post-diplôme : anticiper la démarche au moins 4 à 6 mois avant la fin des études

  • Identifier le niveau de diplôme : Master ou Licence Pro = exemption de l’opposabilité du marché de l’emploi

Conclusion

L’accord franco-algérien de 1968 crée un cadre spécifique, mais parfaitement praticable dès lors qu’il est compris et anticipé. Recruter un étudiant algérien en alternance, embaucher un jeune diplômé en CDI ou renouveler un contrat temporaire : chaque situation a sa procédure, et chaque procédure a ses délais. Ne pas les anticiper, c’est laisser l’administration décider à la place de l’entreprise.

France Immigration accompagne les entreprises dans la sécurisation de ces dossiers, du premier recrutement étudiant jusqu’au CDI. Prenez contact avec nos experts pour un point sur votre situation.

Questions fréquentes sur l’embauche d’un ressortissant algérien

Depuis 2023, la plupart des étudiants étrangers peuvent travailler sans autorisation spécifique. Cette simplification ne s’applique pas aux ressortissants algériens, qui restent soumis à l’accord de 1968. Leur employeur doit obtenir une APT avant tout contrat, quel que soit le type.

Oui. Les contrats d’une durée inférieure à 850h/an.
Pour tout autre emploi, la démarche préalable est obligatoire.

Oui, mais il n’existe pas de dispositif le lui permettant. L’autorisation provisoire de séjour « recherche d’emploi ou création d’entreprise » n’est pas accessible aux ressortissants algériens. L’embauche doit être initiée avant la fin des études, avec une demande de changement de statut portée par l’employeur.

Non. L’opposabilité de la situation est systématique en cas de changement de statut vers salarié, y compris pour les alternants.

Amende jusqu’à 15 000 € par salarié en situation irrégulière, remboursement des aides publiques perçues, et risque de fermeture administrative. La vérification du titre et de l’autorisation de travail est une obligation légale indépendante de la bonne foi de l’employeur.

La procédure complète peut prendre 4 à 6 mois. Dans tous les cas, anticiper dès le dernier semestre de formation est indispensable.

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