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EES & ETIAS : différence et qui est concerné?

L’Union européenne a mis en place deux systèmes distincts pour contrôler ses frontières extérieures : l’EES (Entry/Exit System) et l’ETIAS (European Travel Information and Authorisation System).

L’EES remplace le tampon manuel sur les passeports par un enregistrement numérique des entrées et sorties. Il est opérationnel depuis le 10 avril 2026, après un déploiement progressif entamé en octobre 2025.

L’ETIAS, lui, est une autorisation de voyage électronique pour les ressortissants dispensés de visa Schengen. Son lancement était annoncé fin 2026, mais un report à 2027 est désormais évoqué.

Les deux dispositifs changent la manière dont vos collaborateurs non européens voyagent en Europe pour de courts séjours professionnels. Cet article fait le point sur l’EES et l’ETIAS : qui est concerné, et comment préparer vos équipes Mobilité.

Points clés à retenir
  • L’EES est opérationnel depuis le 10 avril 2026 et remplace le tampon manuel par un enregistrement numérique des entrées et sorties.
  • L’ETIAS coûtera 20 € (et non 7 €, comme parfois indiqué), sera valable 3 ans, mais son lancement pourrait glisser à 2027.
  • Les collaborateurs en détachement intragroupe (directive 2014/66/UE) sont exemptés d’ETIAS sous conditions, un point que les équipes Mobilité connaissent rarement.
  • Chypre est concernée par l’ETIAS mais pas par l’EES ; pour l’Irlande, c’est l’inverse.
  • La règle des 90 jours sur 180 s’applique aux deux dispositifs pour les séjours de courte durée.
  • Le traitement d’une demande ETIAS peut prendre jusqu’à 30 jours en cas de vérification complémentaire, bien au-delà des 3 jours souvent annoncés.

Qu’est-ce que l’EES ?

Dès sa mise en place, l’Entry/Exit System a remplacé le tamponnage manuel des passeports par un système informatique automatisé. Chaque ressortissant d’un pays tiers voyageant pour un court séjour est enregistré à chaque franchissement de la frontière extérieure d’un des pays participants.

Chypre et l’Irlande, bien que membres de l’Union européenne, n’appliquent pas ce système et continuent de tamponner les passeports manuellement.

Concrètement, chaque voyageur passe par des bornes électroniques ou un poste de contrôle où passeport et données biométriques sont scannés et enregistrés.

Le système collecte et conserve pendant trois ans :

  • les données du passeport
  • la date et le lieu de chaque entrée et sortie
  • les données biométriques lors de la première entrée
  • les éventuels refus d’entrée antérieurs

Cela s’appliquera aussi bien aux entrées par voie aérienne qu’aux entrées à une frontière maritime ou terrestre.

Qui est concerné par l’Entry/Exit system?

L’EES s’applique aux ressortissants non européens voyageant pour moins de 90 jours dans un pays qui l’utilise, y compris ceux qui bénéficient d’une exemption de visa.

Il ne s’applique pas aux :

  • voyageurs en transit direct sans entrer dans l’espace Schengen
  • citoyens de l’UE, de l’espace Schengen et de l’AELE (Association européenne de libre-échange)
  • résidents de longue durée dans l’UE
  • titulaires de passeports diplomatiques
Bon à savoir

Sans tampon, la preuve d’entrée devient un point de blocage pour un dossier de premier titre de séjour. Conservez billets, cartes d’embarquement et réservations dès l’arrivée du collaborateur : c’est déjà un point de friction observé sur le terrain depuis le 10 avril 2026, comme le détaille notre Flash Info dédié.

 À noter : une période de transition est à prévoir avec potentiellement des files d’attente plus longues et des ajustements techniques dans les premiers mois.

Qu’est-ce que L’ETIAS, l’Europe Travel Information and Authorization System ? 

À l’instar de l’ESTA américain ou de l’ETA britannique, l’Union européenne met en place une autorisation de voyage électronique pour les voyageurs dispensés de visa.

Le voyageur remplira un formulaire en ligne et réglera des frais de 20 €, gratuits pour les moins de 18 ans et les plus de 70 ans. Cette autorisation sera valable 3 ans ou jusqu’à l’expiration du passeport, et permettra un nombre illimité d’entrées pour des courts séjours.

Le lancement était annoncé pour le dernier trimestre 2026. Selon des informations de presse (Financial Times, juillet 2026), ce calendrier pourrait glisser à 2027, le temps que la Commission européenne stabilise l’EES, qui génère déjà des files d’attente aux frontières. Cette date n’est pas confirmée officiellement à ce stade : cette page sera mise à jour dès qu’une communication officielle sera publiée.

Pour en savoir plus, consultez notre Flash info dédié au report de l’ETIAS.

Qui est concerné par l’ETIAS ? Les pays et nationalités concernées

L’ETIAS s’appliquera à l’entrée dans 30 pays européens, listés ci-dessous :

AllemagneGrècePays-Bas
AutricheHongriePologne
BelgiqueIslandePortugal
BulgarieItalieRoumanie
ChypreLettonieSlovaquie
CroatieLiechtensteinSlovénie
DanemarkLituanieSuède
EspagneLuxembourgSuisse
EstonieMalteTchéquie
FinlandeNorvègeFrance

Chypre figure dans cette liste alors qu’elle n’applique pas l’EES : les deux dispositifs ne couvrent pas exactement le même périmètre. L’Irlande, à l’inverse, n’exige pas l’ETIAS.

Passagère à l'aéroport concernée par l'ETIAS.

Les nationalités concernées sont celles dispensées de visa Schengen, notamment :

  • États-Unis
  • Canada
  • Royaume-Uni
  • Australie
  • Japon
  • Brésil
  • Mexique
  • Corée du Sud
  • Singapour
  • Israël
  • Émirats arabes unis
  • Ukraine
  • Serbie

La liste complète, qui compte une soixantaine de nationalités, est publiée sur le site officiel de l’ETIAS.

Qui est exempté de l’ETIAS ?

Plusieurs catégories de voyageurs restent en dehors du champ de l’ETIAS. Les citoyens de l’Union européenne et de l’espace Schengen ne sont pas concernés, pas plus que les ressortissants dispensés de visa qui détiennent déjà :

  • un titre de séjour
  • un visa de long séjour valide dans l’un des pays membres

Certains voyageurs professionnels sont exemptés sous conditions. C’est le cas des :

  • collaborateurs en détachement intragroupe au titre de la directive 2014/66/UE
  • étudiants et chercheurs mobiles au titre de la directive (UE) 2016/801
  • titulaires d’un passeport diplomatique, de service ou spécial

Chaque situation reste à vérifier au cas par cas avant un déplacement, les statuts pouvant varier selon les pays traversés.

Quel est le prix de l’ETIAS et quel délai prévoir ?

L’autorisation coûte 20 €, gratuite pour les moins de 18 ans et les plus de 70 ans.

Ce montant modeste ne reflète pas la charge réelle du traitement : rien ne garantit une réponse en quelques minutes. Certaines demandes sont retenues jusqu’à 4 jours, un délai prolongeable de 14 jours si des documents complémentaires sont exigés, ou de 30 jours en cas de convocation à un entretien. Pour un déplacement professionnel décidé dans l’urgence, ce délai peut suffire à faire annuler le voyage.

Le document de voyage utilisé pour la demande doit aussi rester valide plus de 3 mois après le voyage et avoir été délivré depuis moins de 10 ans.

Une pièce non conforme sur ce seul point suffit à faire échouer un dossier qui semblait pourtant complet.
Multipliez ces conditions par les dizaines de déplacements gérés en parallèle par une équipe Mobilité, et le risque d’erreur cesse d’être marginal.

Quels effets sont attendus suite à la mise en place de l’EES et de l’ETIAS ?

L’Union européenne met en avant plusieurs bénéfices attendus de ces deux dispositifs :

  • Une réduction des files d’attente grâce à des bornes automatiques dans les aéroports
  • Un meilleur suivi des dépassements de séjour
  • Un contrôle plus rigoureux des frontières
  • Une lutte renforcée contre les usurpations d’identité
  • La possibilité pour les voyageurs concernés de contrôler leurs dates de séjour autorisées via une plateforme dédiée (à confirmer lors de la mise en service)
  • Une prévention renforcée, en détectant en amont les voyageurs potentiellement à risque
  • Moins de refus imprévus à la frontière
Ralentissements aux frontières

Les premiers retours confirment cette période de transition. Plusieurs aéroports européens rapportent déjà des files d’attente allongées, au point que les organisations ACI Europe, A4E et IATA ont alerté la Commission européenne sur ce point dès le 1er juillet 2026.

Ces bénéfices concernent la gestion des frontières dans son ensemble. Pour vos équipes Mobilité, l’enjeu opérationnel est différent.

Les impacts sur la mobilité professionnelle

L’ETIAS deviendra obligatoire pour tout voyage d’affaires court des collaborateurs dispensés de visa, y compris pour une simple réunion.

L’EES, de son côté, comptabilise automatiquement les jours passés dans l’espace Schengen.

Beaucoup d’entreprises laissent depuis des années certains collaborateurs dépasser légèrement les 90 jours, sans jamais être inquiétées. Avec l’EES, cette marge disparaît d’un coup : le compteur est désormais automatique et ne pardonne plus l’à-peu-près qui fonctionnait jusque-là.

Nos experts en immigration professionnelle accompagnent les équipes Mobilité sur l’ensemble de ces points de vigilance, au cas par cas.

Avant un déplacement
  • Cartographier les collaborateurs concernés, ceux qui voyagent souvent en Europe sans titre de séjour européen
  • Intégrer l’ETIAS dans le processus de préparation des missions
  • Vérifier le statut d’exemption avant de conclure à une obligation ETIAS
  • Suivre les communications officielles plutôt que la date encore incertaine de 2027

Conclusion

L’EES et l’ETIAS ajoutent une étape de vérification à chaque déplacement professionnel court en Europe. Le risque n’est pas dans la complexité du dispositif, il est dans le temps perdu à le découvrir juste avant un départ déjà prévu, ou pire, au moment de passer la frontière.

Les deux systèmes évoluent encore : le calendrier de l’ETIAS n’est pas figé, et l’EES continue de générer des ajustements sur le terrain plusieurs mois après son lancement.

Ces évolutions se suivent nationalité par nationalité, profil par profil : un travail de veille à part entière, distinct du pilotage quotidien d’une équipe Mobilité.

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Questions fréquentes sur l’ESS et l’ETIAS

Un système d’enregistrement numérique des entrées et sorties, qui remplace le tampon manuel sur les passeports pour les ressortissants non européens en court séjour.

Depuis le 10 avril 2026, après un déploiement progressif entamé en octobre 2025.

Oui, sauf à Chypre et en Irlande, qui n’appliquent pas l’EES et continuent de tamponner manuellement.

20 €, valable 3 ans. Gratuit pour les moins de 18 ans et les plus de 70 ans.

Une autorisation de voyage électronique, et non un visa, pour les ressortissants dispensés de visa Schengen qui se rendent dans l’un des 30 pays européens concernés pour un court séjour.

Notamment les collaborateurs en détachement intragroupe et les étudiants ou chercheurs mobiles au titre du droit européen, sous conditions à vérifier au cas par cas.

Quelques minutes dans la majorité des cas, mais jusqu’à 4 jours, prolongeables de 14 ou 30 jours si des documents complémentaires sont demandés.

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