EES & ETIAS : différence et qui est concerné?
L’Union européenne est sur le point de moderniser le contrôle de ses frontières extérieures avec la mise en place de deux nouveaux systèmes : l’Entry/Exit System et l’European Travel Information and Authorization System.
Ces dispositifs s’inscrivent dans une volonté de renforcement de la sécurité, de digitalisation et de gestion plus efficace des flux migratoires. En remplaçant le tamponnage manuel et en introduisant une autorisation électronique de voyage, l’UE entend harmoniser les contrôles aux frontières tout en s’adaptant aux défis actuels.
Après plusieurs reports, les autorités annoncent une entrée de vigueur de l’EES en octobre 2025, et de l’ETIAS fin 2026.
Qu’est-ce que l’EES ?
Dès sa mise en place, l’Entry/Exit system remplacera le tamponnage manuel des passeports par un système informatique automatisé permettant d’enregistrer chaque ressortissant d’un pays tiers voyageant pour un court séjour, chaque fois qu’il franchira la frontière extérieure d’un des pays suivants :

Bien qu’ils fassent partie de l’Union européenne, Chypre et l’Irlande ne mettront pas en place ce système, et continueront donc de tamponner les passeports manuellement.
Concrètement, chaque voyageur passera par des bornes électroniques ou par un poste de contrôle où son passeport et ses données biométriques seront scannés et enregistrés. Ce système permettra de collecter, enregistrer et stocker des informations telles que :
- Les données figurant sur le passeport (nom complet, date et lieu de naissance etc.)
- La date et le lieu de chaque entrée/sortie
- Les données biométriques (image faciale et empreintes digitales) : seulement lors de la première entrée
- Les éventuels refus d’entrée antérieurs
Ces données seront conservées pendant trois ans et les autorités des membres de l’espace Schengen pourront y avoir accès via une base de données centralisée.
Cela s’appliquera aussi bien aux entrées par voie aérienne qu’aux entrées à une frontière maritime ou terrestre.
Qui est concerné par l’Entry/Exit system?
L’EES s’appliquera aux ressortissants non-européens voyageant pour moins de 90 jours dans un pays qui l’utilise, y compris les voyageurs qui bénéficient d’une exemption de visa.
Ce système s’appliquera donc aussi bien à des ressortissants Marocains, Algériens, Indiens ou Chinois détenteurs d’un visa de court séjour qu’à des Américains, Canadiens ou Britanniques qui en sont exemptés.
Le système ne s’appliquera en revanche pas aux :
- Citoyens de l’UE de l’Espace Schengen et de l’AELE (Islande, Norvège, Suisse et Liechtenstein)
- Résidents de longue durée dans l’UE (titulaires d’un titre de séjour ou d’un visa de long séjour)
- Titulaires de passeports diplomatiques et membres d’organisations internationales
- Voyageurs en transit direct sans entrer dans l’espace Schengen
Quels effets sont attendus suite à la mise en place de l’Entry/Exit system ?
Les avantages et bénéfices mis en avant par l’UE sont les suivants :
- Une réduction des files d’attente grâce à des bornes automatiques dans les aéroports
- Un meilleur suivi des dépassements de séjour
- Un contrôle plus rigoureux des frontières
- Une lutte renforcée contre les usurpations d’identité
- La possibilité pour les voyageurs concernés de contrôler leurs dates de séjour autorisées via une plateforme dédiée (à confirmer lors de la mise en service)
À noter : une période de transition est à prévoir avec potentiellement des files d’attente plus longues et des ajustements techniques dans les premiers mois.
Qu’est-ce que L’ETIAS, l’Europe Travel Information and Authorization System ?
À l’instar des États-Unis (ESTA), du Canada (AVE), ou plus récemment du Royaume-Uni (ETA), l’Union européenne va mettre en place ce système d’autorisation électronique de voyage pour les voyageurs dispensés de visa.
Les autorités annoncent une entrée en vigueur fin 2026. Son objectif est de renforcer la sécurité tout en facilitant la mobilité.
Concrètement, le voyageur devra remplir un formulaire en ligne au moins 3 jours avant le départ et payer 7€ (gratuit pour les moins de 18 ans et les plus de 70 ans).
Cette autorisation sera valable 3 ans ou jusqu’à l’expiration du passeport, et permettra un nombre illimité d’entrées pour des courts séjours (jusqu’à 90 jours sur une période de 180 jours).
Qui est concerné par le Europe Travel Information and Authorization System?
Il s’adressera à tous les ressortissants de pays exemptés de visa Schengen, comme les États-Unis, le Canada, le Royaume-Uni, l’Australie, le Japon ou encore l’Argentine.
En revanche, ne sont pas concernés :
- Les citoyens de l’Union européenne et de l’espace Schengen
- Les ressortissants de pays tiers déjà soumis à une obligation de visa Schengen
- Les ressortissants de pays exemptés de visa qui détiennent un titre de séjour ou un visa national d’un État membre en cours de validité.
Quels effets sont attendus suite à la mise en place du Europe Travel Information and Authorization System ?
- Prévention des menaces en détectant en amont les voyageurs potentiellement à risque
- Fluidification des contrôles : moins de refus imprévus à la frontière
Les impacts sur la mobilité professionnelle
La mise en place conjointe de l’EES et de l’ETIAS modifie en profondeur la gestion des déplacements professionnels vers l’espace Schengen. Ces deux dispositifs visent à renforcer le contrôle aux frontières, mais impliquent aussi de nouvelles contraintes opérationnelles pour les entreprises.
Quels sont les points à anticiper côté RH?
- Europe Travel Information and Authorization System obligatoire pour les ressortissants de pays exemptés de visa, même pour un simple voyage d’affaires
- Demande à faire en ligne avant le départ
- Contrôle automatique via l’EES des jours passés dans l’espace Schengen : les dépassements seront immédiatement détectés
- Fin de la flexibilité informelle des séjours de courte durée : les 90 jours sur 180 seront strictement comptabilisés
- Traçabilité accrue : chaque entrée et sortie sera enregistrée numériquement
Quelles sont les conséquences pour les entreprises?
- Nécessité de formaliser une politique RH intégrant ces nouveaux dispositifs
- Nécessité d’intégrer l’Europe Travel Information and Authorization System dans les process de mobilité internationale
- Importance d’un suivi précis des durées de séjour dans l’espace Schengen
- Risque accru de refus d’entrée en cas de non-conformité
Les conseils de l’expert
- Anticiper les changements à venir, pour cela vous pouvez commencer par :
- Auditer et identifier les profils concernés dans vos équipes : ceux qui voyagent souvent en Europe, les non-Européens, ceux sans titre de séjour européen.
- Alerter : mettre en place une politique claire en interne avec des outils de suivi
- Accompagner vos collaborateurs et les équipes managériales dans la mise en place de ces nouveaux systèmes (formations internes, réunions d’information)